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Des
innovations techniques
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Techniquement, Orson Welles joua également de son " innocence " proclamée pour obtenir des résultats surprenants pour l'époque. Le film fut novateur au point de faire dire à François Truffaut : " Alors, Orson Welles en1939 devait très bien sentir qu'il lui fallait délivrer non seulement un bon film mais LE film, celui qui résumerait quarante ans de cinéma tout en prenant le contre-pied de tout ce qui avait été fait, un film qui serait à la fois un bilan et un programme, une déclaration de guerre au cinéma traditionnel et une déclaration d'amour au médium. "
De plus il a utilisé tous les moyens offerts par le cinéma pour tenter de créer un nouveau langage visuel. Le réalisateur donne ainsi une grande place à la caméra subjective qui occupe le rôle du véritable instigateur dans le film : c'est elle qui nous livre le secret Rosebud et c'est elle aussi qui nous introduit au sein de chaque témoignage. Orson Welles utilise également beaucoup la profondeur de champ (netteté de l'image au premier comme à l'arrière plan) pour permettre au regard d'évoluer à sa guise dans l'image. Dans le même souci d'autonomie du spectateur, Welles préfère utiliser le plan-séquence plutôt que le gros plan. Ce procédé laisse sa liberté au regard et il permet en même temps aux comédiens d'évoluer librement sans être gêner par un cadre.
Dans un entretien donné à Juan Cobos, Orson Welles s'explique à ce sujet : Pourquoi cette objection aux gros plans ? " Je trouve merveilleux le fait que le public puisse choisir des yeux ce qu'il veut voir dans un plan. Je n'aime pas le forcer, et l'usage du gros plan revient à le forcer : il ne peut voir que lui. Dans Kane par exemple, vous avez dû voir qu'il y avait très peu de gros plans, presque aucun. Il y en a peut être six dans tout le film. " |
Dans Citizen Kane et tous ses autres films, Welles utilise un objectif à grand angulaire qui donne au film une largeur de champ inhabituelle pour l'époque. Il permet de voir les faux-plafonds des décors et, couplé à un tournage en contre-plongée, il donne l'impression de saisir d'un seul regard la puissance de Kane et sa faiblesse.
Le montage du film est un moment-clé et Orson Welles y consacra plus de neuf mois avec son monteur Robert Wise. Le résultat est plus que concluant puisqu'il mêle différents types de montages (les actualités, la scène du petit déjeuner, les longs plans-séquences) tout en gardant une tonalité propre au film. Enfin, Citizen
Kane est un film comportant beaucoup plus d'effets spéciaux
que n'importe quel film hollywoodien de cette époque. Près
de 50% à 80 % des plans seraient truqués. Les trucages étaient
effectués à la caméra lors du tournage avec la complicité
et l'expérience du chef opérateur Gregg Toland ou, pour
la plupart, dans le laboratoire d'effets spéciaux de RKO. Fondus
enchaînés, maquettes, peintures en trompe-l'il ajoutées
en transparence à une scène tournée. Le procédé
le plus utilisé est l'impression optique à la Truca, caméra
alignée avec un projecteur dont le fonctionnement est synchronisé.
La pellicule déjà impressionnée peut ainsi être
retravaillée même si la qualité de l'image est dégradée.
D'ailleurs François Truffaut évoque les " grands tempéraments visuels" du cinéma et déclare : " le cinéma parlant n'en a amené qu'un seul, un seul cinéaste dont le style soit immédiatement reconnaissable sur trois minutes de film, et son nom est Orson Welles. " |
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